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Ich bin ein «MurtnAIR»

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Gastkolumne

Ich bin ein «MurtnAIR»

Autor: Claudine Brohy

L’humain a un besoin intrinsèque de nommer son entourage proche et lointain, qu’il s’agisse de personnes – et quel soin et engagement mobilise-t-on pour trouver un nom adéquat pour le futur nouveau-né! – d’animaux, de montagnes, de cours d’eau, d’écoles, de corps célestes, et parfois même d’outils ou d’ordinateurs. Les raisons sont multiples, montrer la possession, l’identité, les limites, une appartenance, la tendresse. Les moyens de transport n’échappent pas à la tradition, fusées, bateaux, locomotives arborent également un nom, tout comme les avions d’ailleurs. Un Airbus A320 de la compagnie aérienne Swiss International Airlines a ainsi très récemment été baptisé «Murten». Avec ce toponyme, on veut également promouvoir la gastronomie du Moratois. Selon la direction de Swiss, ce concept veut faire connaître tant la Suisse alémanique que francophone et italophone (on espère que la région romanche ne soit pas oubliée…). Mais du coup, on a raté l’occasion de promouvoir une région bilingue par la double appellation Murten/Morat.

La thématique des toponymes bilingues surgit également au mois de décembre 2010 lorsque, avec le nouvel horaire, les CFF, sans crier gare, annoncent «Nächster Halt … Fribourg» et «Prochain arrêt … Murten». Un lobbying efficace de la part des Fribourgeois a permis de faire faire machine arrière aux CFF, et au printemps 2011, les annonces étaient à nouveau effectuées avec le double nom dans les trains et les gares.

Dans de nombreux pays, les toponymes et enseignes bilingues constituent des enjeux majeurs, toutefois, ils peuvent aussi faire partie d’une identité bilingue collective bien vécue. En Israël, des panneaux trilingues se présentent avec trois graphies (arabe, hébreu et latin), mais on menace d’adapter les noms à la seule consonance hébraïque. En Carinthie (Autriche), où l’on parle l’allemand mais aussi le slovène, les disputes autour des panneaux bilingues font rage depuis des décennies. Pour avoir droit à un nom bilingue, le pourcentage de locuteurs slovènes a été revu à la baisse par un tribunal de 25% à 10%, ce qui avait été combattu par l’ancien gouverneur d’extrême droite Jörg Haider. La Finlande, pays officiellement bilingue (finnois/suédois) compte 30 communes bilingues (sur 342) qui possèdent aussi des noms bilingues qui peuvent être fort semblables comme Vaasa/Vasa, ou alors très différents tels que Turku/Åbo, ce qui est aussi le cas de la ville basque espagnole Donostia-San Sebastián. Une ville roumaine en Transylvanie s’affiche même en trois langues: Bras¸ov-Kronstadt–Brassó (roumain-allemand-hongrois). En Suisse, il y a peu de communes qui ont un double nom officiel. Depuis début 2005, la Confédération reconnaît le double nom de la localité officiellement bilingue de Biel/Bienne, et quelques communes grisonnes possèdent des noms doubles, comme Disentis/Mustér, Domat/Ems ou Bergün/Bravuogn.

Les noms, et a fortiori les noms bilingues, constituent un patrimoine historique et culturel important. Mais au-delà des symboles se cachent également des atouts touristiques, donc économiques, les Bretons, Catalans et Basques l’ont bien compris. Raison de plus de faire voler des noms bilingues aux quatre coins de la planète!

Claudine Brohy ist Linguistin und wohnt in Freiburg. Sie ist zweisprachig aufgewachsen, hat in Freiburg und in Kanada studiert. Sie interessiert sich für die verschiedenen Aspekte der Zweisprachigkeit und schreibt als Mitglied einer FN-Autoren-Gruppe über Themen im Zusammenhang mit der Zwei- und Mehrsprachigkeit. Die Autorin tut dies auf Wunsch der Redaktion mal auf Französisch, mal auf Deutsch.

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