Share on facebook
Share on twitter
Share on linkedin
Share on print

«Le Bolze abat la barrière des langues»

Share on facebook
Share on twitter
Share on linkedin
Share on print

«Fribourg est une ville à taille humaine», constate la spécialiste du bolze Fränzi Kern-Egger. «Il est possible de la traverser à pied en trente à quarante minutes.» Mais cela pourrait changer bientôt, du moins pour Fribourg en tant que commune. Si les habitantes et les habitants des neuf communes du Grand Fribourg approuvaient leur fusion, les frontières communales s’étendraient en effet bientôt d’Avry-Centre, à l’ouest, jusqu’au pont de Grandfey, à l’est.

Le berceau de la ville

Tout de même: la Vieille-Ville médiévale demeure le berceau de la cité de Fribourg. C’est là que Fränzi Kern-Egger a grandi, de même que ses parents. Et tout comme eux, elle a grandi en deux langues. Elle mélange allègrement le français et l’allemand – Fränzi Kern-Egger parle le bolze de la Basse-Ville et a publié plusieurs livres rédigés dans cette langue bien particulière. «Je ne saurais même pas dire en quelle langue je pense ou je rêve. Le plus souvent, c’est dans les deux», explique-t-elle. «Le bolze abat la barrière des langues. On passe de l’une à l’autre, ohne Problem.»

«Aucun problème»

Fränzi Kern-Egger ne craint pas que l’avènement d’un Fribourg fusionné nettement plus grand ne constitue une menace pour le bolze: «Ceux qui le parlent maîtrisent les deux langues, ils n’auront aucun problème.» Selon elle, le bolze est aujourd’hui parlé aussi par des locuteurs plus jeunes. La langue est certes moins concentrée, mais en contrepartie elle s’est élargie et ne se cantonne plus à la Basse-Ville. Partout où des germanophones et des francophones se côtoient, donnant naissance à des familles bilingues, le bolze existe lui aussi.

Fränzi Kern-Egger salue cette situation, et espère que ces contacts entre les deux langues s’intensifieront encore à l’avenir. «A Fribourg, le français et l’allemand ont trop longtemps existé côte à côte, plutôt que de cohabiter.» D›après elle, les germanophones en portent aussi une part de responsabilité, eux qui voulaient «um jeden Preis» voir tout traduit en allemand.

Fränzi Kern-Egger se souvient de son enfance, lorsqu’elle fréquentait l’école des Neigles. «A l’époque, des classes alémaniques et romandes cohabitaient dans le même bâtiment scolaire», explique-t-elle. «Sur la place devant l’école, les enfants se parlaient dans les deux langues.» Les choses ont changé aujourd’hui: en Basse-Ville, les enfants germanophones et francophones fréquentent des écoles différentes, ce qui ne laisse aucune opportunité pour un mélange des langues dans la cour. Avec l’introduction progressive de classes bilingues, cela pourrait peut-être changer.

Un espoir de réunion

Si la fusion du Grand Fribourg se concrétise, la nouvelle commune serait officiellement bilingue. Cela constituerait-il une opportunité pour favoriser le vivre ensemble? «Ce serait bien», répond Fränzi Kern-Egger dans un sourire. «Ça permettrait d’officialiser une situation qui est déjà vécue.» Une fusion impliquerait pourtant une diminution de la part de germanophones dans la commune, étant donné que certaines localités concernées par le processus, comme Avry ou Belfaux, comptent bien moins d’alémaniques que la ville de Fribourg. «Mais il ne faut pas oublier que des germanophones vivent à Marly ou à Villars-sur-Glâne. Le bilinguisme officiel pourrait leur donner davantage de poids», estime Fränzi Kern-Egger. Elle ne fait pas mystère de son soutien résolu à la fusion. «La ville offre beaucoup d’infrastructures dont profitent aussi les communes environnantes. Il est temps de mieux répartir les charges.» Elle pense notamment aux transports publics ou aux institutions culturelles. Il serait temps, selon elle, d’opérer un rapprochement politique – mais aussi de renforcer Fribourg en tant que chef-lieu cantonal.

Un statut existant

Ce statut de capitale existe déjà et sera conservé. Raison pour laquelle Fränzi Kern-Egger ne pense pas qu’une fusion changera quelque chose à l’identité de Fribourg. «De par ses dimensions et son architecture, Fribourg est une ville que l’on peut aimer», résume-t-elle. Et cela ne changera pas aussi facilement.

«Le bolze abat la barrière des langues. On passe de l’une à l’autre, ohne Problem.»

Chiffres et faits

Bilingue depuis sa fondation

Allemand ou français? La question linguistique se pose depuis la fondation de la ville de Fribourg en 1157. Son fondateur, le Duc Berthold IV, appartenait à la noble famille des Zaehringen, originaire du sud de l’Allemagne, mais il avait aussi des liens étroits avec la Bourgogne, comme le mentionne le site internet de la ville de Fribourg. Fribourg a rejoint la Confédération helvétique en 1481 et l’allemand a été sa langue officielle jusqu’à la fin de l’Ancien Régime en 1798. Le français a ensuite pris le relais. Mais les deux langues ont toujours cohabité en ville, comme le montrent les sources historiques. A l’heure actuelle, la ville de Fribourg compte environ 38 000 habitantes et habitants. D’après les indications du canton, quelque 63% de la population parle le français et environ 20% l’allemand, le reste se répartissant entre d’autres langues. La ville a une superficie de 9,32 km2. Le taux d’imposition, qui se monte à 81,6 centimes par franc d’impôt cantonal, est le plus élevé des neuf communes impliquées dans la fusion du Grand Fribourg.

nas

Kommentar (0)

Schreiben Sie einen Kommentar. Stornieren.

Ihre E-Mail Adresse wird nicht veröffentlicht. Die Pflichtfelder sind mit * markiert.

Mehr zum Thema