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«Rien n’est plus constant que le changement», a dit le philosophe Héraclite

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«A quoi le changement vous fait-il penser?» «A de la rhétorique creuse.» «Ah bon, pourquoi?» «Parce que le changement est une constante de la vie. Il suscite parfois l’inconfort, mais il arrive aussi que la nouveauté soit accueillie avec plaisir.» Voilà ce qu’affirme Karin Frick, qui s’intéresse, depuis ses études à l’Université de Saint-Gall, aux changements qui affectent tant les personnes que les marchés. Lieu commun, le «changement» est une notion aussi vide et ennuyeuse que la «tendance», note la chercheuse de 57 ans.

Les tendances doivent être démontrées

«Lorsqu’on parle d’une tendance, il faut pouvoir dire à quel aspect de la vie elle se rapporte.» Qui plus est, une tendance se résume en fin de compte à une observation: «Quelque chose disparaît, quelque chose d’autre commence.» Cette constatation doit à son tour être quantifiée et qualifiée. Se référer à une tendance pour imposer quelque chose – y compris sur le plan politique – ne suffit pas, estime Karin Frick. «Une objectivation du débat est nécessaire.» C’est par exemple le cas en matière de fusions de communes. «Pour chaque aspect concerné, il faut pouvoir fournir des données et des hypothèses plausibles. Les fusions doivent être motivées.» Une récente étude de l’Institut Gottlieb Duttweiler a d’ailleurs démontré que les gens s’identifient davantage à des thématiques qu’à des partis politiques.

Pas qu’une tendance

Une tendance n’est jamais universelle. C’est pourquoi l’économiste Karin Frick privilégie l’utilisation du terme «translation». Dans les communes, on observe actuellement une telle translation: le nombre de ménages constitués d’une seule personne est en augmentation. Cela modifie le visage d’une commune dans la mesure où il faut alors se demander quels besoins collectifs subsistent encore et comment il est possible d’y répondre. «Là où il y a moins d’enfants, des écoles peuvent disparaître. Et si l’on ne se rencontre plus à l’école, où peut-on le faire?»

D’après Karin Frick, les fusions de communes ne conduisent pas nécessairement à une perte d’identité. Il existe en effet de multiples façons de définir sa propre identité. Certains le font à travers un lieu. Mais un développeur de logiciels à succès aura peut-être des amis aussi bien à Tokyo qu’à Shanghai ou New York, faisant de lui un membre de cette communauté internationale. «Ces personnes sont comparables à des plantes hors-sol, qui peuvent se sentir partout chez elles.» D’après la chercheuse, cette forme d’identification, fortement liée au monde virtuel de l’internet, ne constitue pas le seul avenir possible. «Les deux variantes existeront toujours. Il se peut aussi qu’il y ait une évolution au cours des différentes phases de l’existence.»

Par définition, une tendance est un développement nouveau qui s’écarte de la norme de par sa dynamique attirant un nombre croissant de personnes. «Mais elle peut coexister avec une contre-tendance. Par exemple, les smartphones sont utilisés de plus en plus souvent par de plus en plus de gens. Parallèlement, d’autres personnes renoncent sciemment à les employer.»

Qui profite des tendances?

Les tendances sont souvent initiées par des individus courageux. Apportant de nouvelles perspectives, elles provoquent aussi la perte de quelque chose. Il existe deux raisons principales d’opérer un changement, selon Karin Frick: «Soit on est mû par une souffrance, soit on en attend un avantage.» La perspective de réaliser un profit peut ainsi constituer un moteur. C’est pourquoi il faut toujours se demander à qui le changement est susceptible de profiter. Les propriétaires immobiliers n’ont, par exemple, pas le même intérêt que les locataires à voir le bâti se densifier. «Lorsque la densification est perçue négativement, en raison de la disparition d’espaces verts en ville, il faut que les opposants documentent cette évolution au moyen de données concrètes.» Le marché seul n’apportera en effet pas forcément les corrections nécessaires.

«Amortir» le changement

Si de nouvelles tendances doivent être renforcées, il est important, selon la chercheuse, de les planifier et d’impliquer les gens dans le processus. Se contenter de supprimer le poste de chef de gare parce que la numérisation est dans l’air du temps et que le trafic ferroviaire est piloté à distance est pro­blématique, d’après Karin Frick. Il faudrait plutôt se demander, en amont, quelles sont les options possibles et s’il ne serait, par exemple, pas envisageable de confier à un restaurant certaines fonctions de service assurées jusqu’ici par le chef de gare. «Une sorte de mélange entre un salon public, à l’image des pubs en Angleterre, et une cabane du club alpin.» De telles offres à bas seuil sont importantes pour mieux «amortir» le changement.

«Se référer à une tendance pour imposer quelque chose – y compris sur le plan politique – ne suffit pas.»

Biographie

Une marathonienne prospectiviste

Karin Frick est spécialiste en tendances et en prospective à l’Institut Gottlieb Duttweiler à Rüschlikon. L’économiste y est membre de la direction et responsable de la recherche. Depuis des années elle analyse les tendances et les contre-tendances à l’œuvre dans le domaine des biens de consommation et des services. Elle a grandi au Liechtenstein, a deux fils et court le marathon.

rsa

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