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Romand, Suisse français, francophone, Welsch

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Gastkolumne

Autor:

Romand, Suisse français, francophone, Welsch

Autor: Claudine Brohy

Si les Suisses alémaniques se qualifient souvent simplement de « Suisses », sans précision, il en va différemment de la minorité romande qui précise son appartenance linguistique et culturelle. Les Suisses d’origine francophone se désignent volontiers de Romands, terme qui a été établi à partir de roman sur le calque d’allemand et qui est utilisé par aucune autre communauté parlant le français. Certaines personnes préfèrent le terme de Suisse français, ce qui est rejeté par d’autres qui y trouvent une référence trop forte à notre pays voisin. Se désigner comme francophone est problématique pour nombre de Romands, les Français utilisant souvent cette notion pour des locuteurs qui ont certes appris le français, mais qui ne le possèdent pas comme langue maternelle. La Suisse a d’ailleurs longtemps hésité à faire partie de la grande famille de la Francophonie (l’existence même d’une Germanophonie semble être absolument impossible …). Mais les Romands se qualifient eux-mêmes souvent aussi de Welsch, ethnonyme emprunté aux Alémaniques, surtout dans un contexte décalé, ironique, ou dans un esprit d’autodérision. Ce terme très intéressant a beaucoup voyagé. Il est apparenté au nom du peuple roman des Valaques, comme les Aroumains sont aussi appelés, et au terme de l’ancien haut allemand de walhisc qui désignait des Celtes, puis les peuples de langue romane (romanche, italienne et française), et par extension aussi les étrangers, par opposition aux personnes qui parlaient une langue germanique. Ainsi, Wales, le pays de Galles, la Wallonie, la Galice ont une origine commune. En Suisse, nous retrouvons ce terme dans beaucoup de noms de lieux et de cours d’eau: Walensee, Welschenrohr, Welsche Rippa, Wallenbuch, Wahlern. Le charabia rendu par kauderwelsch, désigne littéralement le welsch (= le romanche) de la ville de Coire, et le rotwelsch est le parler secret des vagabonds, des gens du voyage et de personnes marginalisées. Les noix étaient à la base des denrées importées du Sud et appelées Walnüsse. Les Grecs appelaient tous ceux qui ne parlaient pas leur langue des barbares, sans que cela ne soit forcément péjoratif. Par la suite, le terme a pris une connotation négative que l’on retrouve dans invasion des barbares (peuples germaniques), rendu bien sûr en allemand de façon plus neutre par Völkerwanderung. Le terme deutsch vient quant à lui de diutisc, qui signifie appartenant au peuple. Nous le voyons, il y a une constante de se définir soi-même comme des humains ou un peuple, et les autres d’étrangers. «T’es pas de ma bande» est donc un concept déjà très ancien!

 

Claudine Brohy ist Linguistin und wohnt in Freiburg. Sie ist zweisprachig aufgewachsen und hat in Freiburg und in Kanada studiert. Sie interessiert sich für die verschiedenen Aspekte der Zweisprachigkeit und ist Mitglied einer FN-Autoren-Gruppe, die im Monatsrhythmus frei gewählte Themen zur Zweisprachigkeit bearbeitet.

 

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