Share on facebook
Share on twitter
Share on linkedin
Share on print

Si je ne trouve pas un mot en allemand, je le dis simplement en Français»

Share on facebook
Share on twitter
Share on linkedin
Share on print

Das ist ein bezahlter Beitrag mit kommerziellem Charakter. Text und Bild wurden von der Firma Muster AG aus Musterwil zur Verfügung gestellt oder im Auftrag der Muster AG erstellt.

La Basse-Ville de Fribourg ne compte pas seulement parmi les endroits les plus romantiques de toute la ville mais également parmi les plus intéressantes du point de vue des langues. L’auteure Fränzi Kern-Egger raconte la fusion de deux langues et cultures qui a trouvé toute son expression dans le bolz.

 

 Fränzi Kern-Egger comment en êtes-vous arrivée à écrire des textes en bolz?

Le mérite en revient à l’ancien directeur de l’école normale, Monsieur Hugo Vonlanthen. Il recherchait un texte de la Basse-Ville pour une publication destiné au Deutschfreiburger Heimatkundeverein. Il m’a abordée et j’ai répondu favorablement et il semble que le résultat se soit amplifié – comme lorsque l’on lance un caillou dans l’eau.

 

 Et vous avez ainsi facilité l’accès au bolz à un plus nombreux groupe de gens intéressés par la langue.

Il ne faut toutefois pas oublier que le bolz – surtout au début – est assez difficile à lire. Mais cela a certainement servi à faire connaître le bolz au-delà des frontières fribourgeoises. Les lectures dans divers dialectes jouaient et jouent encore un rôle important.

 

 Comment faites-vous connaître le bolz à une personne qui ne l’a encore jamais entendu ni lu?

Je propose toujours un «échantillon»–par exemple un petit poème – et j’attends la réaction. Je vois alors souvent des regards interrogateurs. Le problème pour l’auditeur ou le lecteur ignorant ne réside souvent pas dans la composante française du bolz, mais dans sa composante singinoise. C’est pourquoi j’essaie toujours d’expliquer ce que signifie vivre à une frontière des langues et le développement historique du langage entre Fribourg et le bolz.

 

 Un aspect intéressant. Quelles sont les tenants et aboutissants du développement de la langue à Fribourg?

L’allemand était auparavant beaucoup plus parlé en ville de Fribourg. L’allemand était la langue officielle depuis 1481 – une des «conditions» à l’admission de Fribourg dans la Confédération – et cela jusqu’en 1798. C’est ensuite Napoléon qui a offert aux patriciens fribourgeois le cadeau de faire du français la langue officielle, langue qui était déjà pratiquée majoritairement depuis longtemps.

 

 Le 19ème siècle a vu une arrivée massive d’ouvriers singinois en ville de Fribourg.

Exact. Les nouveaux arrivants se retrouvèrent dans leur quotidien en contact avec le français, mais seulement une minorité le maîtrisait. On s’est aidé en introduisant des mots français et des bouts de phrases dans son propre «discours». A l’inverse, des gens parlant le français entremêlèrent des bouts de phrases allemandes dans le leur. On peut en général remarquer qu’un mélange des langues a lieu aux frontières des langues, bien que l’intensivité de ce mélange ne connaisse pas partout la même intensité, comme cela est peut être le cas pour le bolz. Il est par ailleurs faux de parler d’un bolz : il y a autant de variétés de bolz qu’il y a de locuteurs.

 

 Au fait pourquoi appelle-t-on la variante du dialecte de la Basse-Ville le bolz?

Différentes théories existent, par exemple que le nom d’un locuteur était Bolz ou que des ouvriers travaillant dans une fabrique de chaises en bois dans la vallée du Gotéron utilisaient des clous en bois appelés Bolzen (chevilles). Je pense que la meilleure définition est celle du linguiste Walter Haas. Il suppose que l’appellation est arrivée à Fribourg comme un mot du patois gruérien et que les Gruériens l’ont utilisé au début péjorativement pour désigner les habitants de la ville de Fribourg, car ces derniers ne parlaient plus un français pur.

 

 Comment le bolz a-t-il perduré jusqu’à nos jours?

N’oublions pas qu’il y a toujours des familles en Basse-Ville qui sont bilingues ; elles parlent parfois plus l’allemand, parfois plus le français. Même les plus petits enfants mélangent allègrement les deux langues. Mais le bolz n’est plus aussi répandu que dans les années cinquante.

 

 Mais le bolz devrait encore de nos jours permettre d’abolir les frontières linguistiques?

J’en suis persuadée. Je pense que la politique fribourgeoise a pensé pendant un certain temps que le bilinguisme ne pouvait fonctionner que si chaque langue était parlée séparément – au lieu qu’elles soient parlées simultanément ensemble. C’est pourquoi un aspect ainsi qu’un avantage importants de la culture linguistique fribourgeoise ont été négligés. C’est justement un des grands avantages du bolz: si je ne trouve pas un mot en allemand, je le dis tout simplement en français. Et dans cet esprit le bolz n’est-il pas non seulement une fusion des langues, mais également des mentalités? Ou bien?

«L’allemand était auparavant beaucoup plus parlé en ville de Fribourg.»

Fränzi Kern-Egger

Auteure fribourgeoise

«Il est par ailleurs faux de parler d’un bolz: il y a autant de variétés de bolz qu’il y a de locuteurs.»

Fränzi Kern-Egger

Auteure fribourgeoise

Bio express

Passion pour la musique et la littérature

Françoise Egger est née le 19 mai 1946 dans le quartier fribourgeois de l’Auge et a grandi à la rue des Forgerons. A la mort de son père, Fränzi Egger, alors âgée de 17 ans a déménagé avec sa mère dans un appartement situé au Stalden. Elle a suivi les cours à l’école normale à Fribourg et a enseigné trois ans à l’école des Neigles avant de vivre quatre ans et demi à Zurich. Elle y a étudié entre autres la germanistique et la littérature française. Elle a enseigné à l’école normale et au centre didactique à Fribourg, a déménagé de la Basse-Ville et a épousé Michel Kern. Avec son mari – un physiothérapeute non-voyant, Fränzi Kern-Egger a joué dans des orchestre de chambre et s’est découverte une passion pour le chant et l’écriture. Michel Kern est décédé en 2011 après 34 ans d’un mariage heureux à l’âge de 83 ans. Parmi les publications littéraires de Fränzi Kern-Egger figurent les deux livres en bolz «Üsa Faanen isch as Drapùù» («Notre bannière est un drapeau»)(1990) et «D Sùnenenerschyy vam ‘Solei Blang‘» («L’énergie solaire du ‘Soleil Blanc’»)(2012) ainsi que la traduction allemande de l’autobiographie parue en français de son mari «Weiter als die Augen reichen» («Les yeux au bout des doigts»)(2005). Tous les ouvrages ont parus aux Editions St Paul.mz

 

Mehr zum Thema